XuOl'Blog

Le Blog d'un jeune gay parisien, qui aime Paris, la photo, la musique, les surprises... A visiter!

08.09.07

Etre SdF à Paris à 27 ans...

Catégorie : Les Restos du Coeur

On a le même âge, ça fait réfléchir... encore et toujours.

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01.02.07

"LES RESTOS DU CŒUR SERVENT-ILS D'APPAT A LA POLICE DE SARKOZY ?"

Catégorie : Les Restos du Coeur

Rafle_R_publique"Hier soir, mardi 30 janvier vers 19h, une rafle commence sur la Place de la République, les fourgons (de 8 à 10 au départ selon les témoins) sont placés côté 3° arrondissement, les policiers, trois par trois, contrôlent les identités dans le métro et aux sorties. Contrôle ciblé des personnes «visiblement étrangères ». Alertés, une trentaine de militants du Réseau Education Sans Frontières et d'ailleurs se rend sur place. Discussion avec les forces de l'ordre, slogans solidaires avec les sans papiers, bousculade au moment du départ du dernier fourgon rempli de sans papiers, arrivée des maîtres chiens pour faire dégager les empêcheurs d'arrêter en rond. Une vingtaine, peut-être plus, de sans papiers a été arrêtée. Une rafle comme on en voit plusieurs fois par semaine à Paris depuis le mois d'août ?

Oui, mais celle-ci a quelque chose de particulier. Au même moment, sur le terre-plein central de la Place de la République, les restos du cœur organisent une distribution de 400 repas, comme tous les mardis, jeudis et samedis à cet endroit. Les habitués de cette distribution arrivent en métro et sont contrôlés, embarqués. C'est comme pour les bêtes : l'appât au centre, les chasseurs en embuscade, les fourgons pour évacuer les prises. Cette rafle ciblée « clients des restos du cœur » a été exécutée sur réquisition du Procureur de la République qui avait ordonné des contrôles entre 19h et 23h sur un périmètre comprenant la place de la République et ses environs.

Une « opération » du même ordre a eu lieu il y a une quinzaine de jours. Les forces de l'ordre s'étaient postées sur la place même, bien visibles. Ce jour-là les restos du cœur n'ont distribué que 150 repas au lieu des 400 habituels. Qui donne ces ordres ?

Le ministre de la chasse aux étrangers monte d'un cran dans le cynisme : toutes les rafles sont intolérables, celles qui prennent pour cible les gens qui ont faim sont immondes. Les plus démunis ont confiance dans les restos du cœur qui depuis tant d'années leur apportent un peu de réconfort pendant l'hiver. Devront-ils demain renoncer à ces distributions de repas devenues
trop dangereuses pour eux ?

Fin décembre, le Préfet de Police de Paris a eu une attitude digne en interdisant la distribution de soupe au porc organisée par l'extrême droite et destinée à trier les « bons pauvres » des « mauvais pauvres ». Laissera-t-il interdire les restos du cœur aux sans papiers en transformant les lieux de distribution en piège ?"

Communiqué de presse du 31/01/07 de "Réseau Education Sans Frontières"

Ça me révolte! Ça me donne des nausées... Il est rare de voir une armée adverse attaquer des centres de la croix rouge dans un pays en guerre.. Il y a souvent un minimum de déontologie, de règles à respecter dans ce jeu de la vie, de la mort, du chat chassant la souris... Mais en France, en 2007, il faut croire que tout est permis... J'ai honte...

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25.10.06

Bel hommage bien mérité...

Catégorie : Les Restos du Coeur

Dimanche 29 octobre 2006 à 10h45 :
inauguration de la Place Coluche, à Paris : au carrefour de la rue d'Alésia et de la rue de Tolbiac, dans le 13ème arrondissement...

coluche

Merci pour tout Michel...

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08.04.06

70 000 000...

Catégorie : Les Restos du Coeur

restosC’est le nombre de repas qui a été servi cette année par les Restos du Cœur, qui achèvent leur campagne hiver 2005-2006. Soit une augmentation de 5,7% du nombre de personnes accueillies par rapport à l'an passé, ont indiqués jeudi dernier les représentants des Restos:

"8,5 millions de repas servis en 1985, 70 millions en 2005/2006: les Restos devront-ils distribuer 500 millions de repas en 2025?" Ca fait peur...

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12.11.05

Devenir SDF en 3 jours...

Catégorie : Les Restos du Coeur

Un pro de la chose (l'Abbé Pierre) prétend qu'il suffit de trois jours pour devenir SDF. Quel que soit ton point de départ : cadre sup overbooké, smicard surexploité ou chômeur avéré, marié/deux enfants ou célibataire notoire. Trois jours seulement pour faire de toi un honnête SDF.

Pourquoi hésiter plus longtemps ?


. Trois jours sans manger autre chose que des sandwichs +/- SNCF.
. Trois jours à craindre le sommeil et à t'éveiller la peur au ventre au moindre bruit.
. Trois jours pour découvrir que les petits matins sont frais, même en plein été.
. Trois jours sans te laver ni changer de linge.
. Trois jours à marcher pendant des heures.
. Trois jours à subir ton incapacité à aligner deux idées cohérentes.
. Trois jours pour que les autres détournent le regard en te croisant.
. Trois jours pour que toute ton éducation vole en éclat.
. Trois jours pour briser ton appartenance au genre humain.


............................ ......Trois jours......
Et tu découvres que t'en as rien à foutre de puer le fauve, de pisser dans les encoignures de portes, de chier entre deux bagnoles en stationnement. Aveugle et sourd à tout ce qui t'entoure, alors les bonnes manières, hein, c'est pas l'jour... Avec une obsession : manger et dormir. Manger et dormir. Manger, dormir. mangerdormir. Moins que les préoccupations probables d'un chien ou d'un chat. Tu ne peux que constater la disparition brutale de tout ce qui faisait de toi un homme. Et tu ne peux t'en apercevoir que les premiers jours car ça va vite. Très vite. Après, c'est trop tard, les comportements de survie auront pris le dessus. Se retrouver à la rue sans un sou est une agression d'une violence extrême. De quoi basculer dans la folie ou se tourner vers la violence, donc vers la page "prison".
En ce qui te concerne ? Disons que tu es solide.


Supposons que tu survives plus de trois jours

Tous les bons tortionnaires le savent : sous-alimentation, manque de sommeil et isolement sont les bases de toute torture et de tout lavage de cerveau de bonne facture. C'est rapide, efficace, et ça ne salit pas trop les mains. Tout cela fait qu'en quelques jours ton corps et ton esprit hurlent le manque. Tu as eu une vie avant, tu en auras une autre après. Peut-être. Tout le reste est poésie. La solitude des premiers jours est effrayante. Nombreux sont ceux qui en garderont à jamais l'habitude de parler tout seul. Il y a de grandes chances que tu finisses rapidement par traîner autour de la gare SNCF. Vaine tentative pour passer inaperçu ou saine tentation de changer de ville ? Quelle importance ? Dans les gares, les sans-abri sont censés être nombreux. Ceux que tu vois au premier coup d'oeil ne sont guère valorisants mais tu finiras bien par remarquer que tu n'es pas seul à attendre un train qui n'existe pas. Mais voilà : la nuit toute les gares ferment leurs portes à ceux qui n'ont pas de billets. Te voilà dehors, sans la moindre idée de la direction à prendre. Alors tu marches, au hasard. Pendant des heures. De plus en plus engourdi par le froid, la faim, la fatigue, la lassitude, l'angoisse, en te demandant comment font les autres pour survivre. Attention, danger ! Tu risques de te faire trouer la peau pour ce que tu pourrais avoir dans ton sac (un SDF, même apprenti, a toujours un sac). Ou d'enjamber un parapet de pont sans réfléchir, pour faire taire la souffrance. Ou d'agresser un passant en croyant te défendre. Pour l'intérêt de ces pages, supposons que tu réussisses à survivre plus de trois jours, peu importe comment. Des deux préoccupations qui t'obsèdent, manger et dormir, la question de la nourriture est la plus facile à résoudre.

Les premiers temps, il suffit de faire la tournée des places de marché. Après le remballage, les commerçants laissent quantités de déchets sur place. Il n'y a qu'à se servir. La société de consommation étant ce qu'elle est, il y a d'excellents déchets. Pas d'hésitation à avoir, tu ne seras pas seul à fouiller les détritus. N'oublie pas les pommes. Aucune allusion politique, mais contrainte physiologique : il faut manger des aliments riches en fibres si tu ne veux pas chopper la courante. Parce que, la diarrhée, quand on est à la rue c'est un sacré problème... Les fruits et légumes ça cale l'estomac mais cela ne protège pas du froid. Il te faut des protéines et des lipides. Pour t'en procurer il va falloir mettre tes beaux principes sous le boisseau. Dirige-toi vers les quartiers où se concentrent les restaurants. Il suffit alors d'attendre l'heure de fermeture pour faire les poubelles et le tour est joué. Si ça te dégoûte trop il y a une autre possibilité mais c'est ta conscience d'honnête homme qui va morfler sur ce coup. Ces mêmes restaurants tu peux aussi les visiter tôt le matin avant l'ouverture. Une fois que les livreurs ont déposé les cartons de charcuterie devant la porte. Pense à vérifier tes lacets avant car il faut parfois courir vite. Et veille quand même à ne pas taxer plusieurs fois la même enseigne sous peine de tarir la source. Si ce qui subsiste de ton éducation t'empêche de recourir à ces techniques, tu vas avoir un problème. Certes, il existe tout un réseau de distribution de casse-croûte aux indigents, mais pour y avoir accès il faut au préalable admettre que tu es indigent... Tu peux envisager de faire la manche devant le Monoprix mais tant que tu n'auras pas intégré ton nouveau statut tu ne feras qu'indisposer les passants en t'énervant devant les refus. Presque toutes les villes ont des polices municipales qui n'aiment pas du tout qu'on indispose les passants. Supposons (encore) que tu parviennes enfin à connaître les adresses où on te filera des casse-croûte gratos. Tu auras alors accompli le premier rite de passage. La nourriture cesse aussitôt d'être un problème, même si le sandwich te semble parfois amer.
Reste le logement ...

Cet article rédigé par un bénévole anonyme pour le site internet de la Péniche, est assez édiffiant. Il m'a marqué, je vous le fais partager.

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08.11.05

Devenir bénévole à la Péniche...

Catégorie : Les Restos du Coeur

La Péniche du Coeur est en manque de bénévole pour le nouvel hiver qui s'annonce.

"Si vous souhaitez devenir bénévole à la Péniche du Cœur, adressez-vous à l'association des Restos du Cœur de Paris, 4 cité d'Hauteville, 75010 Paris - Tél : 01.53.24.98.00. Vous serez invité à participer à une réunion d'accueil et d'information sur les différentes missions de bénévoles utiles à l'association.

En devenant bénévole, vous acceptez la totalité des termes de la charte des bénévoles et vous vous engagez moralement sur une période de 6 mois. Vous rejoindrez alors une des équipes de bénévoles, selon un planning adapté à vos disponibilités". Dixit le site de la Péniche...

Mais pour les franciliens qui seraient vraiment motivés, vous pouvez directement passer par moi, en laissant un message et votre adresse e-mail, je vous donnerez alors une adresse plus directe pour accélerer les choses, car comme je vous ai dit, on a besoin de nouveaux bénévole pour compléter les équipes trés rapidement!! Merci à vous, d'avance...

La Charte :

1. Respect et solidarité envers toutes les personnes démunies

2. Bénévolat sans aucun profit direct ou indirect

3. Engagement sur une responsabilité acceptée

4. Convivialité esprit d’équipe, rigueur dans l’action

5. Indépendance complète à l’égard du politique et du religieux

6. Adhésion aux directives nationales et départementales

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La Péniche, comment ça marche?

Catégorie : Les Restos du Coeur

Comme je l'ai déjà expliqué dans certains posts (voir catégorie "mon assos"), je suis bénévole aux Restos du Coeur à Paris, dans un hébergement d'urgence sur la Seine. Ci-dessous, vous pouvez découvrir un résumé de ce qu'est ce centre, article à retrouver ici, pour ceux que ça interesse.

"La Péniche du Cœur accueille tout au long de l'année 70 hommes pour des séjours dont la durée est au minimum de 14 nuitées.

Pour bénéficier d'un séjour à la Péniche, il faut impérativement être adressé par un travailleur social de l'une des structures partenaires de la Péniche ou d'une structure d'accueil de l'urgence sociale à Paris.

L'équipe des salariés est composée de Kiko le directeur, Jacqueline la secrétaire responsable de l'accueil, Yamina, Bouchaïb et Nathalie les conseillers sociaux, Eric le cuisinier et économe, Rony et Mourad les agents techniques.

Une équipe de 220 bénévoles répartis en 9 équipes, partagent la soirée et le petit-déjeuner avec les 70 hébergés. Ils jouent un rôle essentiel pour créer une ambiance chaleureuse dans ce type de lieu habituellement austère.

Le séjour minimum à la Péniche est de 14 nuitées, il peut être prolongé selon le projet de réinsertion engagé avec l'un des trois conseillers sociaux qui reçoivent les hébergés dans la journée.

Les bénévoles passent la soirée avec les hébergés comme ils le feraient avec des amis. Ils jouent un rôle essentiel pour créer une ambiance chaleureuse dans ce lieu d’accueil.

Les hébergés sont accueillis pour la plupart en chambre individuelle et quelques-uns en chambres de deux et quatre lits. Ils prennent sur la Péniche le repas du soir et le petit-déjeuner.

Pendant la durée de leur séjour, les hébergés ont accès à différents services :

• Un médecin, tous les soirs 18h30 à 19h30,

• Un conseil juridique, le lundi après-midi,

• Les intervenants d'une association d'aide aux toxicomanes, le jeudi soir,

• Des élèves en fin d’étude d’ostéopathie (relaxation), le mardi soir, le mercredi soir, le jeudi soir et le vendredi soir,

• Un bus dentaire, le lundi toute la journée,

• Des infirmières en psychiatrie, le mardi soir et le jeudi soir,

• Un coin emploi, animé par une conseillère sociale, est accessible à tous dans le réfectoire. Il a pour objet de présenter des offres d’emploi sélectionnées et d’assister les hébergés dans les démarches vers l’emploi."

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26.09.05

20 ans déjà!!

Catégorie : Les Restos du Coeur

colucheLe 26 septembre 1985, Coluche lançait l'idée des Restos du Coeur, au micro d'Europe 1 :

" J'ai une petite idée, comme ça... Si y'a des gens qui sont intéressés pour sponsoriser une cantine gratuite qu'on commencerait par faire à Paris et puis qu'on étalerait dans les grandes villes de France,..."

Photo : Coluche entouré des premiers bénévoles, pose devant l'entrée de l'un des 3 premiers restaurants du coeur de la région parisienne, le 21 Décembre 1985...

Merci à lui!

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23.03.05

Elections

Catégorie : Les Restos du Coeur

Comme promis, voici les deux lettres reçues par tous les bénévoles de la Péniche où je passe toutes mes soirées du mardi, pour l'élection du Représentant des bénévoles au Conseil d'Administration. Je souhaite juste rappeler que cette élection est trés sérieuse et d'une importance certaine, quand même!!!!! :)

1. Lettre de H. (trés soft, trés posée, surement trop!)

Je viens par la présente postuler pour le poste de représentant élu des bénévoles pour le conseil d’administration de l’association. Je m’appelle H. et suis bénévole le jeudi soir depuis octobre 2004.

Auparavant, j’étais responsable de ...... le jeudi soir depuis 4 ans et avant j’étais bénévole pendant 3 ans à .... (jeudi Soir).

Je me suis aussi impliqué auprès de mon établissement de travail pour les collectes de jouets pour les restos du coeur au moment de Noël. Je voudrais reprendre une responsabilité au sein de l’association car cela correspond à mon idéal et ai assez de temps libre.

En espérant que ma candidature sera retenue, salutation, H.

2. Lettre de N. (trés trés originale, limite foutage de gueule!)

Quelques mots… A vrai dire, je sais que ce poste est intéressant, mais je ne sais pas très bien à quoi il correspond, alors pourquoi ? Bonne question… Est-ce que je m’embête maintenant que je ne suis plus responsable du Lundi soir ? Peut-être, mais pas sûr quand même.

En fait, je veux continuer à voir mes copines et copains du bureau. Car c’est chouette les réunions. On parle, on fait des projets, on rêve à des histoires de Vent des Globes avec la péniche… Un coup à tribord, puis à bâbord, on fait un créneau au milieu de la barrière de corail, puis hop, on se jette à l’eau avec masque et tuba. Sous nos yeux ébahis, les poissons verts, rouges, arc-en-ciel, tous nous saluent et applaudissent des nageoires quand nous leur envoyons le bonjour de Paris. Voilà pourquoi je me présente, car je suis un rêveur, un utopiste comme toutes celles et ceux qui sont sur ce bateau.

Puis aussi, ce serait bien de dire à ma grand-mère : « Mamie, je suis représentant des bénévoles au CA de mon assos caritative ! ». Elle serait fière de moi. Elle en parlerait avec ses copines du club de loisirs et quand je descendrai sur Bordeaux cet été et que j’irai les voir au petit resto basque du quartier St Pierre, je serai reçu comme un héros, un petit fils bien. Je n’ai pas eu le bac, j’ai raté mon BEPC, mais ce n’est pas un concours, c’est une élection, j’ai peut-être ma chance.

Faut pas forcément être bon, faut juste savoir convaincre… En tous cas, moi je sais que je suis un gars bien, mais celles et ceux qui ne me connaissent pas, ils ne peuvent pas savoir. Par contre celles et ceux qui me connaissent, ils savent que je dis la vérité. N’écoutez pas ceux qui disent du mal de moi, ils ont raison. Signé officiellement par N.

----> :)))) Pour qui vous votez vous???? 

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Le droit de manger ?

Catégorie : Les Restos du Coeur

Comme je le fais une fois par semaine, je suis arrivé hier vers 18h10 à la Péniche du coeur (créée par un certain Michel Colucci...), un hébergement sur la Seine pour les SDF, de 70 places, où je suis bénévole. Comble de l’ironie, le port autonome de Paris n’a pas fait mieux que d’attribuer un emplacement (d’ailleurs très cher) sur la rive gauche, juste devant le ministère des finances (Bercy) et des siéges sociaux de deux grandes banques françaises : en un seul regard, on a à la fois la pauvreté et la misère de Paris qui ne fait pas le poids face aux mastodontes représentants la richesse de notre beau pays.

A mon arrivée, comme d’habitude, on a papoté avec certains bénévoles sur la semaine passée et sur l’élection du représentant des bénévoles au conseil d’administration (je mettrai en ligne d’ailleurs, dans un prochain post, la lettre de motivation d’un des deux candidats à ce poste, assez risible… ça m’a fait beaucoup sourire et au final, ça a tellement l'air de plaire qu’il risque d’être élu !). Il y a une réelle amitié qui s’est créée entre nous tous, en peu de temps : on est une quinzaine, de tous ages, avec pour seule ligne de conduite, permettre à chacun de manger à sa faim et d’avoir un toit, sous le regard bienveillant de notre parrain Coluche.

A 18h30 les portes de l'assos s’ouvrent aux « bénéficiaires ». Beaucoup de nouveaux hier. Normalement, un nouveau arrive pour un minimum de 14 nuits, il pourra en fonction de sa motivation à s’en sortir et de son cas personnel, être prolongé jusqu’à 2 mois. Ce qui permet de lier des relations enrichissantes et régulières avec certains. J’ai accueillis 3 nouveaux hommes, écouté la colère d’un jeune qui conspuait sa cabine, qui lui rappelait l’étroitesse de son ancienne cellule de taule… rien de bien original, c’est notre lot hebdomadaire, on est confronté à tous les caractères, tous les cas personnels, tous les âges (de 17 à 80 ans !!!! Et oui malheureusement…). Il faut savoir écouter et ne pas juger les gens.

A 19h45, on est passé à table. Pour une fois, je n’étais ni chef de soirée, ni en cuisine, ni à la plonge. J’ai donc dîné à une table avec tout le monde. Entamer le dialogue n’est pas toujours des plus simples. Parfois personne ne veut parler. C’est un choix, il faut le respecter. La personne en face de moi n’allait pas bien, je l’ai senti, il a pu parler, échanger avec nos compagnons de table et je pense que ça lui a fait le plus grand bien, ça évite parfois que trop de haine s’emmagasine dans la tête et ça évite parfois la violence. Car quand on est un peu en marge de la société, il est difficile de rester la tête en dehors de l’eau, de pouvoir discuter simplement sans complexe. C’est ce qui fait la richesse de l’action de tous les bénévoles.

Le gros « hic » de la soirée s’est déroulé vers 21h10. Et ce n’est pas la première fois. Je dis « hic », car une ptite engueulade entre bénévoles a encore eu lieu (sur un sujet qui devra être de nouveau discuté lors de nos réunions privées) en parti devant les bénéficiaires et on peut compter sur eux pour juger rapidement de tout ça. Le problème vient du fait qu’il y a des règles strictes (d’arrivée, de départ… des horaires, des consignes… pour resocialiser les gens) : à partir de 21h, les dîners ne sont plus servits, par exemple. Seule une collation / sandwichs peut être donnée, jusqu’à 21h30.

Cette règle permet que les bénéficiaires « rentrent » dans une plage d’horaires bien définie, pour pouvoir dîner. Hier soir, des gars sont arrivés, comme souvent, après 21h00. L’un à 21h10, un autre à 21h15. Ils ont réclamé un dîner. Que faire quand leur seul argument de retard est qu’ils viennent de sortir du boulot et qu’ils ont trés faim aprés cette dure journée ??? Que faire quand on sait très bien qu’il y a en cuisine deux plats entiers de restes ! Il y a alors deux camps (pas très équilibré) : celui qui, par expérience est là pour faire respecter les règles et qui dit « non, pas de dîner, juste un sandwich », et l’autre camp qui, pour certains cas, fait exception et parle avec le cœur, "juste pour cette fois". Problème… Dilemme même.

Hier soir, les trois jeunes arrivés entre 21H00 et 21h30 ont pu dîner… Grâce à l'un d'entre nous. On leur a bien spécifié que c’était exceptionnel et que ça ne se reproduirait pas… Qu’il ne fallait pas qu’ils fassent le coup encore à l'équipe du lendemain. Car il y a de nombreux filloux ! Beaucoup abusent des règles et c’est à nous de les faire respecter. Tant bien que mal ! Pas toujours facile donc…

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